« SuperMégaHyper-Sensible » : Oser S’EXPRIMER par le chant.


BLOG / mardi, février 5th, 2019

S’EXPRIMER.

Exprimer. Du latin « exprimere ». La forme ancienne était « épreindre » qui signifiait « presser sur ses doigts pour en faire sortir le suc ». Donc en réalité, « faire sortir de… »

Pour nous Humains, S’EXPRIMER, c’est donc bien, faire sortir quelque chose de nous même. Mais quoi en réalité ?  Doit-on presser très fort comme on appuierait sur une feuille d’aloe-verra pour en faire sortir son trésor ? Sa sève ? N’est-ce-pas faire sortir ce qu’il y a de meilleur en nous ? De plus riche ? Notre extrême profondeur ? 


Salut les chanteurs !

Comme vous avez pu le constater, aujourd’hui dans Le Bon Jour pour Chanter, on philosophe un peu, tout en surfant sur une vague psycho très en vogue.

Vous faites peut-être (ou pas) parti de ces personnes qu’on appelle hypersensible. Il est vrai que « l’hypersensibilité« , pour dire le terme exacte, c’est le nouveau sujet à la mode, sur les Chaîne des Youtubeuses populaires (en deuxième place après le Pervers Narcissique quand même !!! Hihihi !!! Joke ! 😀 )

Tout de même, je n’ai pu ces dernières années, m’empêcher de faire le lien entre mon extrême sensibilité, et mon appétence pour la créativité (chant, écriture, musique…) Je dirais même plus, le besoin vitale que j’ai eu de créer, d’inventer… Et bien, sûr la même chose chez certains de mes élèves.

Alors, sans rentrer dans une « psychologisation » à outrance, ou l’on se met dans des petites cases, pour se rassurer d’être quelqu’un (quand même ! ), voici ce que j’aimerais faire ressortir, pour que vous, HYPER SUPER ou MEGA sensibles vous puissiez chanter la vie !

Je ne suis pas psychologue, ni même art-thérapeute 😀 Cette première partie d’article est inspirée des écrits et interview de psychothérapeutes, psychologues…

« L’hypersensibilité », se serait quoi ?

Vos 5 sens sont sollicités en permanence !

Je suis d’humeur littéraire aujourd’hui, alors revenons au latin. « Hyper » signifiant « qui est au delà, au dessus ». Et « sensibilis », qui signifie « ce qui peut être ressenti » ou « doué de sensibilité ». Etre « hypersensible », serait donc être au delà de cette faculté de ressentir.

Nous sommes tous doués d’une extrême sensibilité, lorsque nous sommes enfants. Mais en grandissant, les personnes dites « hypersensibles » garde ce type de fonctionnement un peu différent, puisque elles ressentiraient TOUS les stimuli environnants plus intensément.

Leur système nerveux serait plus stimulé dans tous les sens du terme et en permanence. Les médecins auraient d’ailleurs établis que leur cerveau fonctionnerait plus, et plus rapidement donnant une hyper réactivité face au monde extérieur.

Les spécialistes s’accordent à dire qu’il y aurait environs 20% de la population qui aurait cette particularité.

Les personnes dites « hyper-sensibles » seraient un peu à fleur de peau, vivraient leurs émotions telles des montagnes russes, seraient très empathiques, sensibles aux changements, aux odeurs, aux bruits trop forts, aux détails de certaines situations, aux critiques… Evidemment, ne faisons pas trop de généralités, cela varie selon les personnes, et la manière dont elles ont été entourées durant leur enfance.

En réalité, c’est juste un fonctionnement différent. Ces personnes appréhendent le monde à travers leurs ressentis, leurs émotions. Elles ont d’ailleurs souvent besoin de plus de calme et de SOLITUDE que la majorité des gens, car leur vie intérieure est déjà très intense ! Si elles n’ont pas appris à vivre avec leur extra-sensibilité, elle peuvent se sentir en décalage avec les autres, et ne pas parvenir à EXPRIMER tout ce qu’elles ressentent. Ce fonctionnement est souvent mal compris, et il peut être gênant voir épuisant à vivre en société.

Dis comme ça, ça ne fait pas rêver ! Mais n’est-ce vraiment qu’un fardeau ?

S’autoriser à être ultra-sensible.

Bien sûr que non ! C’est aussi une immense richesse. Si elles sont à leur écoute, elles sont capables de capter ce qu’il se passe dans les ambiances, les vibrations, à travers les non-dits, le corps et d’avoir un sixième-sens très développé.
Se sont des êtres très créatifs et inventifs ! Et Dieu sait que le monde en a besoin 😀

Danser avec notre sensibilité !

En fait, c’est surtout leur incapacité à accepter et à laisser les choses passer qui rend ces personnes un peu plus vulnérables au monde extérieur. Gérer et accepter ses émotion et celles des autres peut devenir difficile. Les exprimer encore plus.

Ces personnes pourraient avoir tendance à ne plus rien vouloir ressentir, à s’endurcir en quelque sorte, car c’est souvent ce qu’on leur aura dit d’elle-même. « Va falloir t’endurcir dans la vie » ou « Pleure pas pour rien »… Mais bien sûr, ça n’est pas la solution, car ça ne ferait qu’aggraver le problème. Il serait préférable d’apprendre à faire grandir cette immense cadeau. Laisser de la place à cette part de lumière au lieu de la combattre.

Créer pour exprimer

C’est ici que les disciplines artistiques ont toutes leur place et cela dès l’enfance. Peinture, chant, danse… tout autant que le bricolage, le jardinage, la poterie, la couture, tout ce qui permet d’exercer sa liberté de création et d’expression de soi.

Cela permettra, à ceux qui n’ont pas appris à le faire jusque là, d’exprimer cette immensité, cette intensité de couleurs, de sons, de sensations, de connexions, qui s’entremêlent en elles ! De lâcher les rennes. De mieux appréhender cette sensibilité, de la faire vivre au lieu de l’enfermer. De la partager avec les autres pour faciliter la communication. De calmer les pensées, et de faire baisser le niveau de stress. De retrouver confiance en des capacités qui sont belle-et-bien là. De retrouver sa singularité. Que du bon en somme, une grosse bouffée d’air ! 😀

Pourquoi chanter lorsque notre sensibilité est envahissante ?


Que nous fait-vivre le chant ?

Lorsque je chante, je vibre. Je respire. J’accueille mes ressentis. Je les chéri. Je leur donne de la place. Je me laisse de la place. Je fais sortir quelque chose de moi. J’exprime, ma « fragilité », ma nature profonde. Je suis plus facilement dans l’instant présent. Je vis en réalité.

Lorsque je chante je fais travailler le corps, l’émotionnel et l’esprit ensemble. Cela me permet de me « réunifier ». De reprendre possession de moi.

Je me met à l’écoute de ma petite voix intérieure. Mais aussi à l’écoute des autres si je chante en groupe ou si je suis accompagnée par un instrumentiste.

Je régule ma respiration. Je relâche mon souffle. Je débloque les tensions.

Je fais circuler les énergies. Je me laisse masser par les vibrations. Si je suis centré, chanter c’est à la fois relaxant et revitalisant !!!

Je cherche à trouver MA propre voix, c’est en réalité une quête de soi. Et pour cela je me connecte très fortement à mon monde émotionnel, car si je reste dans le mentale, je n’aurai pas accès à la totalité de mon potentiel !

Je m’exprime avec ma voix comme je pourrais le faire lors d’une conversation.

En réalité, je suis persuadé que le chant peut aider à s’exprimer plus librement et à trouver sa juste place !

Expérimenter et non s’auto-juger.

Lorsque l’on créée, on fait des expériences, et on apprend a n’en garder que le positif. Le nombre de textes que j’ai écrit et qui ne sont jamais sorti de leur tiroir ou de l’ordinateur… Cet article, par exemple, qui traîne depuis des mois… Est-ce du temps perdu ? Des heures gâcher ? Bien sur que non ! C’est du temps ou j’ai expérimenté l’expression de moi. J’ai testé. J’ai appris à avoir de l’intuition, à mieux me connaître, à exprimer l’inexprimable, à enlever ma carapace, à me dévoiler, me dénuder pour laisser sortir une partie de moi. J’ai à chaque fois, appuyé sur la feuille d’aloe-vera pour laisser jaillir en un geyser, cette part de moi.

Expérimentons ensemble

Ici, je ne vous parle pas de chanter sur scène, ni même devant vos proches. Mais déjà, simplement d’oser chanter devant vous même. Votre premier frein si vous n’avez jamais chanté, c’est probablement vous. Je connais des personnes très sensible, qui ne chantent pas, ou plutôt devrais-je dire, qui ne chantent PLUS.

Parce qu’à mon sens, de peur de ressentir TROP fort, ou bien d’être jugées, elles ont perdu cette partie d’elle qui était libre, inconsciente.

Alors, si vous êtes prêt à retrouver votre âme d’enfant, voici quelques expérimentations car vous autre probablement besoin d’être guidés. Et pour ceux qui chantent déjà, ces exercices vous aideront à vous relier davantage à vous lorsque vous chantez.

Choisissez un lieu dans lequel vous vous sentez bien, au calme.

L’ancrage

Qu’est-ce que l’ancrage ?

Pour chanter, on a besoin que notre instrument (corps) soit le mieux équilibré possible, le mieux accorder pour pouvoir s’en servir de la meilleure manière qu’il soit. Et cela commence par une bonne capacité d’ancrage. C’est de la que se dégagera notre puissance, notre stabilité vocale. Lorsqu’on est hypersensible, tous les stimulis que l’on reçoit peuvent facilement nous faire perdre cet « sûreté », cet ancrage.
Dans la tradition yogique, cela va représenter le chakra Racine.(situé dans le coccyx) Celui de l’enracinement, de la sécurité. C’est grâce à lui qu’on prend sa place dans le monde. En chant, on fait souvent travailler la partie « physique » de l’ancrage (les pieds dans le sol, la respiration…) Mais en réalité, l’ancrage se travaille sous différents aspects. (notre corps physique, notre environnement matériel, notre contribution à la société par le travail ou autre, notre rapport à notre environnement, à la nature, notre relation à l’argent.)

Je trouve très intéressant d’aller chercher quel est notre équilibre dans tous ces aspects, car seuls les exercices de respiration, de postures ou de chant peuvent ne pas suffirent, si des éléments extérieurs viennent perturber votre ancrage.

Lorsqu’on est peu ancré, on parvient plus difficilement à sortir de sa tête, à revenir à l’instant présent. On est souvent agité, on manque de lourdeur, de solidité (Terre) on peut avoir de la difficulté à prendre sa place, ou à se réaliser.

Par exemple, il m’est arrivé d’avoir des élèves très sensibles qui manquaient d’ancrage. Cela se traduisait par de l’agitation (difficulté à rester concentré, ou à porter l’attention sur ses ressentis) et une voix peu stable. Une fois qu’ils ont pu se sécuriser dans leur vie professionnelle (gagner plus correctement leur vie, ou se réaliser davantage) ou dans leur vie personnelle (commencer une vie de couple…), leur capacité à rester dans l’instant présent s’est grandement améliorée et leur voix à commencer à se poser.

L’ancrage est pour moi aussi un travail au quotidien. Mais je me suis rendu compte ces dernières années, qu’il suffit d‘avoir trouvé le chemin une fois, pour savoir y retourner. Ainsi, il m’est de plus en plus facile de retrouver mon ancrage, dans les moments ou je le perds.

Il faudrait bien plus de ligne pour parler de l’ancrage, donc je n’irai pas plus loin ici, mais vous avez déjà quelques pistes. Maintenant, vivons-le dans l’instant présent. 😉

Exercice d’ancrage

  • Commencez par vous allonger par terre sur le dos, sur un tapis. Sentez à quel point vous êtes proche du sol. Laissez votre corps s’alourdir et écoutez votre respiration quelques minutes en sentant le va et vient de l’air qui rentre dans vos poumons. Relâchez votre périnée et votre ventre pour laisser une respiration abdominale tout naturellement.
  • Levez-vous doucement. Sentez votre corps se déployer tout en gardant votre accroche au sol. Debout, déposez vos pieds à plat, les orteils légèrement écartés les uns des autres. Déverrouillez vos genoux, relâchez votre bassin, vos hanches, votre dos et balancez les bras de chaque côté du buste quelques instants. Revenez au centre, Sentez vos pieds s’enfoncer dans le sol. Mettez-vous dans la peau d’un arbre. N’essayez-pas de vous tenir droit, mais plutôt de sentir vos jambes qui vous portent.  Imaginez vos racines (vos orteils) s’enraciner très profondément dans le sol, et remonter jusqu’à votre bassin. Puis visualisez vos feuilles, vos branches (haut du corps) se diriger vers la lumière, le ciel. Sentez cette force qui monte en vous et laissez-la vous traverser. Ecoutez votre respiration quelques minutes.

Si vous ne sentez rien pas de panique ! Vous avez peut-être oublié votre corps et votre « connexion » pendant longtemps. Il se peut que la relation mette du temps à repartir.

Chantonner, chanter : Je me lance

  • Choisissez la position dans laquelle vous vous sentez le plus à l’aise. N’hésitez-pas à en changer au cours de l’expérimentation, et notez vos différentes sensations.
  • Commencez par émettre un soupir râleur, puis un soupir joyeux, un soupir de détente, toutes les sortes de soupirs que vous avez en vous. Relâchez-bien tout votre corps sur vos expirations. (mâchoire notamment)
  • Commencez maintenant à chanter des sons, des voyelles, de manière intuitive, tel un oiseau sur sa branche. OU, O, I, é, A… Laissez votre être s’exprimer le plus spontanément possible. On se fiche de la justesse, des notes, du rythme, du texte, ou que sais-je encore… Essayez de ne pas vous fier à ce que vous entendez mais à ce que vous ressentez.
  • Laissez les sons s’enchaîner jusqu’à produire une sorte de mélodie. Toujours dans l’intuitif. Puis quand vous sentez que vous êtes à la fin de votre expérimentation, respirez, écoutez vos ressentis, prenez un moment, reconnectez-vous à vos racines, votre ancrage.
  • Pour finir, si vous en avez envie, chantez la première chanson qui vous vient à l’esprit. Même si ça n’est qu’un couplet.

Si rien ne sort, n’oubliez pas que vous êtes entrain d’expérimenter. Vous cherchez des clés que peut-être vous avez égarés. Revenez alors à votre ancrage votre respiration, et attendez que cette vague d’énergie revienne pour laisser sortir votre soupir, ou votre son. Si ça ne sort toujours pas, revenez-y le lendemain. Parfois, une aide extérieur pourra être nécessaire pour trouver le chemin et ressentir les bienfaits du chant 🙂

Voilà, c’est ici que je terminerais cet article. J’espère vous avoir donné ce que j’avais au plus profond de moi ! J’espère aussi qu’il pourra aider certains d’entre vous (hypersensible ou non) à oser sauter le pas de l’expression par le chant !

Je vous dis à bientôt, dans un autre Bon Jour Pour Chanter ! 😉

Si vous souhaitez avoir des informations plus concrètes sur « l’hypersensibilité » et la gestion des émotions c’est par ici :

https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-18-avril-2017



2 réponses à « « SuperMégaHyper-Sensible » : Oser S’EXPRIMER par le chant. »

  1. Article très intéressant! Je suis prof et en le lisant je me suis dit que c’est quand même bizarre dans mon cas d’être capable de parler et de donner cours devant des classes d’ados en pleine crise, mais de me sentir mal à l’aise quand je chante juste devant moi-même…

    1. Coucou Elo,
      Merci pour ton commentaire. En effet, chanter devant soi-même est parfois plus impressionnant que de parler devant un public. Ça peut faire peur de découvrir toute cette richesse qu’il y a en nous 😉

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